Champagne pour le tyran !

Du mécanisme de la servitude volontaire décrit par La Boétie en 1574, à l’expérience sur l’obéissance conduite par Milgram en 1963, jusqu’à l’acceptation de montrer un pass pour s’asseoir dans un café en 2022, qu’est-ce qui manque à l’humanité pour arrêter d’aimer sa condition d’esclave, et accéder enfin à une autonomie digne d’Elle ?

Le courage de poser et d’assumer nos propres choix, de prendre notre destinée en mains ? Le cran et l’énergie de nous élancer vers un inconnu qui nous demande de tout repenser, réinventer et rebâtir?

En attendant, le tyran rit bien. Et ne s’en cache même plus.

Il suffirait pourtant d’un simple « stop » de notre part pour qu’il perde instantanément son pouvoir, son décorum, son costume d’apparat. A la place, on verrait un bouffon pathétique. Et on ne comprendrait plus comment ce minuscule personnage a réussi à nous faire si peur, ni même comment nous avons pu lui accorder autant d’importance.

L’humour, la dérision décapante, nous aident à acquérir cette lucidité libératrice.

Mais qui sont les Passpass ?

Une fois par mois, les Passpass se retrouvent sur Zoom pour parler de leurs tracas petits ou grands du quotidien : les réunions de famille, le boulot, un pote qui sort de l’hosto…

Les Passpass, ce ne sont pas « les autres ».

Les Passpass, c’est vous, moi, saisis dans un instant de vie. Montrés avec nos faiblesses humaines trop humaines. Et parfois inhumaines.

Dérision bien ordonnée commence par soi-même : on peut rire de tout, à condition de savoir rire de soi. Honnêtement. Sans dissimuler nos petits secrets pas glorieux.

A condition aussi de porter un regard non condamnateur, voire tendre, sur les errements des humains très imparfaits que nous sommes.

Pandémonia ou Noubilla ?

Epoque étrange que la nôtre, entre tragédie et bouffonerie, et l’actualité zappe sans cesse de l’une à l’autre…

Ne nous laissons pas ballotter par ce flot déstabilisant et abrutissant.

Reprenons les rênes, en nous rappelant ces deux vérités essentielles :

L’histoire de l’humanité s’est toujours déroulée entre ces deux pôles, non point contraires mais indissociables, réunis dans un package unique qui s’appelle la vie, dont il nous faut accepter tout, ou rien.

Cultivons et gardons la capacité d’en rire. C’est une grande force qui nous aide à garder une distance caustique, malicieuse, joyeuse, et protectrice, indispensable pour rester vivants, au sens le plus énergique, vibratoire et printanier du mot.

en mode joie en mode cinéma

C’est important et c’est chouette, se faire son cinéma. Ca laisse se dérouler et défiler l’imaginaire consolateur, sur l’écran noir de nos nuits blanches comme chantait Nougaro. Et ça nous fait du bien, le temps d’une séance agréablement délirante.

Puis, ça n’empêche pas de revenir sur terre quand il faut : la preuve avec les vidéos de conseils aux comédiens.