Le joyeux petit théâtre de martine

Mes pièces de théâtre à la disposition des comédiens qui veulent les jouer.

Comédiens lassés de jouer des reprises, et en quête de créations, cette rubrique est pour vous. Vous y trouverez le pitch, les rôles et les extraits des pièces que je propose. Tous ces spectacles ont été, ou sont encore joués.

​Qui suis-je ?

Martine Plaucheur, auteure et comédienne

Thème de prédilection: la délivrance de nos entraves pour laisser éclore notre être véritable… Etudes de lettres, piges pour le magazine ELLE, et un recueil de nouvelles: Chambre 21 ou l’épreuve de liberté. Puis vint le blog de Plauch, chroniques sur le net. En 2012, c’est le roman Singularité initiale, et des nouvelles pour Marseille l’Hebdo. En 2015 sort Bribes vagabondes d’un non-journal de voyage. Mon dernier livre est un thriller: Qui êtes-vous Noam Derwich?

Mon écriture explore tous les genres : j’ai co-écrit avec David Zaw le roman photo Warrior of Love, dont j’ai incarné l’héroïne Major Pinkie. Je joue et j’écris pour le théâtre. Ma pièce Correspondance pour Berlin est restée 2 ans à l’affiche. J’ai interprété le rôle d’une détenue dans 26 sur 9 (adaptation des Lettres de Prison de Roger Knobelspiess) signée et jouée avec David Zaw. Je joue actuellement dans « Vous avez lu trop de polars !», ma nouvelle comédie. Tout en donnant des lectures-performances.
 J’anime des ateliers d’écriture pour les adultes et de théâtre pour les enfants.


Mon écriture est très prolifique – moi-même, je ne peux pas me cloner pour jouer tous ces spectacles et tous ces personnages 🙂 – et les comédiens sont en recherche de textes en permanence : la présente rubrique est là pour faire se « croiser » mon offre et leur demande!

Mes pièces

Entre comédie et comédie dramatique, des créations qui ont toutes été montées et jouées.

Pour toutes les troupes, professionnelles ou amateurs, qui ont envie de jouer autre chose que des reprises… maintes fois reprises.

Si vous êtes intéressé par un extrait, me contacter ici : https://enmodejoie.com/contact pour connaitre les modalités et obtenir le texte.

Les bas-bleus résille

Une fantaisie érotico-comique

Le pitch : Un bas-bleu désigne une femme de lettres pédante. Ce dimanche-là, pour sauver leur club de lectures déserté, Marguerite et Charlotte, deux bas-bleus, vont se dévergonder. Et se changer en bas-bleus… résille.

Avec des extraits de textes de : Molière, l’Arétin, Baffo, Anaïs Nin, Serge Gainsbourg, Françoise Rey, San-Antonio, Apollinaire, Martine Plaucheur, Jean Claude Carrière

Spectacle pour 2 comédiennes : Marguerite, « chef » du club de lectures, et Charlotte, sa fidèle disciple, moins sage qu’il n’y paraît…

Extrait (début de la pièce)

Entrée : Marguerite, suivie de Charlotte sa « fan ». A tour de rôle, elles prient les Dieux des Lettres sur un ton déclamatoire

Marguerite : Aux Dieux des lettres et de la poésie ! A l’Académie Française ! Donnez-moi l’inspiration sacrée ! 

Charlotte : A tous les prix littéraires ! Goncourt, Renaudot, Femina, Interallié, Nobel ! Donnez moi une syntaxe impeccable et un style magnifique !

Marguerite : Comme j’aime notre rendez vous du dimanche !

Charlotte : oh oui Marguerite ! je ne raterai notre club de lecture pour rien au monde ! Quel thème nous avez-vous choisi aujourd’hui ?

Marguerite : la poésie de Saint John Perse, ma chère Charlotte

Charlotte : très bon choix ma chère Marguerite !… Je me permets juste de vous faire remarquer que ça fait la 4ème fois ce mois-ci

Marguerite : oui mais… On n’en a jamais fini d’explorer l’oeuvre de l’immense Saint John Perse ! (Se lève. Lyrique. Charlotte s’extasie hypocritement) :

« Toi, Soleil d’en bas, férocité de l’Être sans paupière, tiens ton œil de puma dans tout ce pain de pierreries ! Mais le Vent, ah ! le Vent ! sa force est sans dessein et d’elle-même éprise.  (Charlotte s’endort sur sa chaise, Marguerite se retourne, et la tape avec son éventail) Nous passons, et nos ombres… De grandes œuvres,  feuille à feuille, de grandes œuvres en silence se composent aux gîtes du futur, dans les blancheurs d’aveugles couvaisons. Là nous prenons nos écritures nouvelles, aux feuilles jointes des grands schistes ! » (se rasseoit)

Charlotte : (applaudit exagérément) C’est fini ?

Marguerite : Oui. J’en ai sélectionné une vingtaine aussi magnifiques !

Charlotte : On va se régaler ! (un silence) Au fait, Sophie a appelé, elle ne viendra pas

Marguerite : elle ne vient plus depuis des semaines…et Marjorie ?

Charlotte : enceinte

Marguerite : ça fait 18 mois maintenant !

Charlotte : c’est peut-être des jumeaux ?

Marguerite : Enfin, Charlotte !!… Isabelle ?

Charlotte : gastro 

Marguerite : encore ! ça lui arrive tous les dimanches ! Magali nous fait encore un chagrin d’amour, je suppose ?

Charlotte : ah non, cette fois elle n’est pas là parce qu’elle est amoureuse…et puis…

Marguerite : Quoi ?

Charlotte : La dernière fois qu’elle est venue, elle vous a traitée de bas-bleu Marguerite !

Marguerite : Ah ? Ca n’a pas l’air méchant ?

Charlotte : Oh détrompez-vous ma chère Marguerite ! Un bas-bleu est une femme de lettres pédante

Marguerite : Je l’exclus du Club !… Et Jean ? On ne le voit plus depuis des mois. Pourtant, c’était l’une des plumes les plus productives de notre atelier d’écriture

Charlotte : oh oui !…il est peut-être mort ! (solennelle) Je propose que nous lui rendions un dernier hommage, en récitant son superbe poème « ô muse du troubadour ! » (se lève)

Ô, muse du troubadour !

Avec ton regard de velours

Qui nous éclaire tel un abat-jour

Et ta peau soyeuse comme un yaourt

Tu as gagné au concours                             

De mon cœur et de l’amour !

Marguerite : Charlotte, Jean m’a laissé un message : il est parti exercer ses talents de poète ailleurs. Bon enfin, c’était pas Victor Hugo non plus…

Charlotte (hésite et se lance) : Ma chère Marguerite, notre club de lectures se vide de semaine en semaine. On ne peut pas continuer comme ça !

Marguerite : vous avez raison ma chère Charlotte… mais que pouvons-nous faire ?

Charlotte : J’ai réfléchi à la question. Et j’ai peut-être une solution à vous proposer

Marguerite : dites, dites Charlotte !

Charlotte : ma chère Marguerite, il faudrait proposer à nos adhérents des thèmes plus… frais, plus…motivants !

Marguerite : des poèmes sur le printemps vous voulez dire ? L’éveil de la nature au printemps ?

Charlotte : en quelque sorte ! Enfin je pensais plutôt à l’éveil… du sentiment…l’éveil du cœur… l’éveil des sens !

Marguerite (choquée) : oh !!

Charlotte : Marguerite, il faut se rendre à l’évidence : aujourd’hui, ce qui cartonne le plus, c’est la littérature érotique !

Marguerite : Pas de ces horreurs chez moi Charlotte, vous m’entendez ! jamais ! jamais ! (se lève, digne) Je resterai jusqu’au bout le dernier bastion de la grande littérature ! (se rasseoit) Je reprends ma lecture de Saint-John Perse

Charlotte : Pardon Marguerite, n’en parlons plus (un silence, puis revient à la charge) Vous savez Marguerite, quand on regarde la longue histoire des Lettres, on s’aperçoit que beaucoup de poètes grecs ont célébré le dieu Eros !

Marguerite : c’est vrai… bon d’accord, pour vous faire plaisir ma petite Charlotte, je veux bien que l’on lise quelque chose qui illustre votre idée…

Extrait de « Les bas-bleus résille », de Martine Plaucheur. Une production de la troupe Zéro Patron. Tous droits réservés.

Correspondance pour Berlin

Une comédie féministe et sentimentale, pour 3 comédiennes

Laure : La quarantaine. Carrière brillante. Affirmée, affranchie, sûre d’elle, « Don Juanne »

Zoé : Jeune fille entre 18 et 20 ans. Elle a la fraîcheur de son âge, franche, enthousiaste, exprime ses émotions sans détour. Elle ne se laisse pas impressionner par ses deux aînées

Claire : Femme au foyer, entre 35 et 40 ans. Elle fuit une vie qui la rend malheureuse et la « tue » peu à peu. A cheval sur les principes, coincée… mais pas tant qu’il n’y paraît !

Extrait : scène 1

Arrivée des 2 comédiennes avec leur valise, parmi le public. Un aéroport. 3 chaises. Panneau « embarquement ». Laure et Zoé en attente devant le panneau d’affichage. Lèvent les yeux toutes les deux quand bruit du panneau d’affichage.

Laure : Ah non c’est pas vrai, vol en retard  !… Et bien sûr, on sait pas pourquoi !  (Zoé éclate en sanglots.)

Laure : Mademoiselle, faut pas vous mettre dans cet état ! Les vols en retard, ça arrive tout le temps !

Zoé : Mais non, c’est pas pour ça… c’est… c’est pas à cause du vol en tout cas !

Laure : Qu’est ce qui se passe? Vous êtes malade?

Zoé : C’est mon copain… On s’est pris la tête hier soir… De toute façon, on s’embrouille toujours pour la même chose !

Laure : ah oui je vois, le bonheur d’être en couple !

Zoé : Ben oui ! Ca fait six mois qu’on sort ensemble et ça se passe très bien. Pour vous dire, je me suis jamais sentie autant… raccord avec quelqu’un, vous voyez ?

Laure (ironique) : Oh très bien ! L’entente parfaite, la grande osmose !

Zoé : Voilà, le big love ! Non, le problème, c’est que…il veut pas une relation sérieuse. Il veut pas qu’on vive ensemble.

Laure : C’est peut-être un peu tôt. Il est raisonnable votre ami.

Zoé : Non, il est immature ! Il se sent pas prêt. Il veut rester libre, pour faire sa musique ! pff, tu parles, pour se bourrer la gueule avec ses potes oui ! Hier soir j’ai craqué, je lui ai mis la pression.

Laure : Grave erreur jeune fille !

Zoé (prend à parti un spectateur) : Je lui ai dit : « Ecoute Mathieu, si tu m’aimes, tu dois avoir envie de te réveiller tous les matins avec moi. De me voir tous les jours, et pas juste pour le fun… » C’est ça l’amour, vous croyez pas ? Tout faire ensemble, partager les petites choses du quotidien, et en faire une grande aventure !

Laure (ironique) : Oh, la grande aventure du quotidien ! Entre la machine à laver et le canapé ! Et après quelques années, Indiana Jones se transforme en buveur de bière avachi devant sa télé…

Zoé : C’est pas obligé ! Faut faire comme si on se connaissait pas, et se pécho tous les jours ! (se rasseoit)

Laure : Eh bien tant mieux, si vous y arrivez ! Bonne chance

Zoé : Faudrait déjà que j’arrive à convaincre Mathieu de vivre avec moi. Donc, comme je vous disais, je lui ai mis la pression. Je lui ai dit (reprend le spectateur à parti): Ecoute Mathieu, soit on se prend un appart, soit c’est fini entre nous !

Laure : Ah et il a répondu quoi Mathieu ?

Zoé : Qu’il était bien dans sa coloc, et qu’il supportait pas le chantage, que ça allait trop vite… J’ai pas lâché l’affaire. Alors, il m’a regardée droit dans les yeux, et il m’a balancé, comme ça, cash « OK, c’est fini entre nous » ! (se remet à pleurer). Vous vous rendez compte ?

Laure : Quand même, vous l’avez poussé à bout!

Zoé : Non, c’est un gros égoïste ! Depuis, j’ai pas de nouvelles, pas un texto, rien…

Laure : Allez, il va rappeler, c’est sûr !

Zoé : Non, non, il est même pas connecté sur son Insta… C’est mort, je le sais ! Du coup, j’ai décidé de partir. Loin. Pour l’oublier…

Laure : Mais enfin, on part pas comme ça, sans projet… Pour une peine de coeur ! Vous en verrez d’autres ! Et puis, vous avez un boulot, un appart à Berlin ?

Zoé : J’ai une copine là-bas. Elle est OK pour m’héberger quelques jours. Après je verrai. De toute façon, sans Mathieu, y’a plus de sens à ma vie !

Laure : Ah non jeune fille, ne faites pas cette bêtise ! Ne mettez pas votre vie entre les mains d’un homme ! C’est pire que confier son argent à un banquier !

(Entrée de Claire)

Claire : Excusez-moi, c’est bien ici la correspondance pour Berlin ?

Laure : C’est bien ici, mais on n’est pas prêts de décoller !

Claire : Et moi qui avais peur d’être en retard !

Laure : C’est notre vol qui l’est. Et pour l’instant, on n’a aucune information.

Claire : Vous êtes sûre ? Attendez, je vais demander à l’hôtesse. Excusez-moi, à quelle heure décolle le prochain vol pour Berlin ?

Laure : Alors ?

Claire : Je sais pas, j’ai pas compris, elle parle allemand… Zut, zut, zut, zut, zut !!!

Laure : Je vous le fais pas dire ! Je dois absolument être à Berlin demain après-midi

Claire (sasseoit entre toutes les deux) : excusez-moi

(Le téléphone sonne, Laure prend son tél, Zoé croyait que c’était son tél. Se remet à pleurer)

Laure : Non, non, écoutez, j’ai bien regardé les radios. Je suis sûre de mon diagnostic. On ne change pas le protocole. (Zoé se mouche) J’interviens à un symposium sur la prophylaxie des nasopharyngites.

Claire : ça a l’air d’être important !

Laure : Ca l’est ! Une avancée fondamentale pour la recherche.

Claire : Dans quel domaine ?

Laure : Le traitement du rhume. Je suis oto-rhino (sort sa carte pour Claire, Zoé la prend). Docteur Tersan.

Zoé : Moi ça m’intéresse, j’ai souvent la crève !

Laure : Forcément, avec ce que vous pleurez ! (Un temps, puis à Claire)  Mademoiselle part pour un chagrin d’amour, moi, pour mon travail, et vous ? Si c’est pas indiscret bien sûr…

Claire : Non non… J’ai besoin de vacances.  Sans date de retour.

Zoé : Trop de la chance !

Laure : En effet ! Vous faites quoi dans la vie ?

Claire : Bonniche… Enfin, mon mari me prend pour une bonniche. Et vu que mes deux ados me parlent presque jamais non plus ! J’ai eu envie de fuir de chez moi. Mais je suis pas fière de partir comme ça. Parce que je suis partie comme une voleuse, en laissant un mot sur le frigo, dans la cuisine. Mais c’est une question de survie : j’en suis à un point où je n’ai même plus d’identité

Laure : ah ouais quand même !

Claire : Au fait, moi c’est Claire !

Laure (lui serre la main) : Laure !

Zoé : Zoé !… Pourquoi Berlin ? Si vous en avez marre de faire la bonniche, faut partir vous éclater… Ibiza, Marrakech !

Claire : Oui mais à Berlin, y’a quelqu’un qui m’attend

Laure : ha ha…

Zoé (pleure) : moi y’a personne !

(Affichage sur les panneaux)

Laure : … et on va vous attendre longtemps, j’en ai bien peur ! Regardez, vol retardé jusqu’à demain matin !

Claire : oh non !

Laure : Je vais rater le début du symposium ! Et on est coincées ici toute la nuit… Qu’est ce qu’on va bien pouvoir foutre toute une nuit à Zürich… même pas, la banlieue de Zürich !

Zoé : la banlieue de Zürich ! C’est naze !

Claire : Dans ces cas-là, la compagnie prend en charge l’hôtel.

Zoé : vous êtes sûre ?

Claire : oui, c’est sûr !

Zoé : et la bouffe aussi ?

Laure : oui, « la bouffe » aussi !

Zoé: Dites, on se connaît à peine mais… vous voulez pas qu’on passe la soirée ensemble ? S’il vous plaît, je me sens pas de rester seule à chialer en pensant à Mathieu ! (se jette dans les bras de Claire)

(Regard interrogatif de Claire

Laure : Oh, c’est une histoire déchirante, je vous expliquerai…

Claire : bon ben oui, c’est d’accord

Laure : OK, allons-y !

Lectures libertines dans mon alcôve

Spectacle pour une comédienne seule. Avec des extraits de Baudelaire, Molière, Anaïs Nin, Choderlos de Laclos, Martine Plaucheur, Serge Gainsbourg…

L’histoire : Une femme seule, dans sa chambre, s’auto proclame « reine du plaisir », et invite le public à partager l’intimité de son alcôve…

Extrait (ouverture du spectacle)

« Bonsoir, ou bonjour… Souvent, à cette heure avancée de la nuit, je pars chercher un homme pour le ramener chez moi. Je n’ai pas de type précis. C’est mon instinct de prédatrice qui me guide. Et puis, hormis les cas d’aversion avérée, je les aime tous !

Mais d’autres fois, j’aime rester seule dans ma chambre, à me délecter de textes érotiques. Ce plaisir-là me plait autant que l’autre.

Je m’installe et je me prépare comme pour un doux rendez-vous avec moi-même. Je fais monter ma lecture crescendo, du suggéré au direct, du tiède à l’incandescent.

Ce soir est un soir spécial. C’est la « nuit sulfureuse » que j’ai instaurée dans mon palais de Reine du plaisir (oui, je sais, je vis dans un T2, mais il faut imaginer…) C’est la nuit qui célèbre Eros et nos sens ! Alors, je vous ouvre mon alcôve ! Soyez les bienvenus ! Installez-vous confortablement. Je vous ai sélectionné des morceaux de choix. Parmi les plus rares, ou les plus connus. »

(Spectacle créé pour le théâtre du Gymnase à Marseille, à l’occasion de « la Nuit Sulfureuse », le 14 février 2018)

Vous avez lu trop de polars !

Un suspense mystico-comique dans le monde du showbiz

Comédie pour 1 comédienne et 3 comédiens (dont 1 rôle court, écrit pour être attribué à un des comédiens)

Durée : 1h15

Jo Gloria, grande star populaire, vient de mourir. « Ils viennent la chercher dans 1h », annonce son majordome. Une heure pendant laquelle Jo va faire le bilan de sa vie, chercher la cause de sa mort, et communiquer ses derniers messages à Georges, son majordome-confident, Richard, son auteur-amant-ami, et Yogashi, son guide spirituel. Une heure pour encore rire, pleurer, danser…vivre !

Les personnages

Jo Gloria : Grande star populaire du cinéma et du théâtre, elle s’est imposée par une volonté de fer, et une ambition aussi démesurée que son orgueil. Avant de quitter ce monde, elle forçait sur le whisky et les amants, et notait plein de secrets inavouables dans son agenda électronique. Mais comme le dit Richard,  son auteur préféré : « son public l’aimait ».

Georges : Il est le fidèle majordome de Jo, ami, confident, homme à tout faire… C’est lui qui l’a accueillie quand elle a débarqué de sa Province.  Le majordome va se transformer en enquêteur pour élucider la mort de la star, et découvrira, au passage, d’autres surprenantes vérités…

Richard : Auteur à succès de la Rive Gauche, ex-amant de Jo, il lui a offert « des rôles magnifiques ». Pour qui va-t-il écrire, maintenant ? L’enquête va révéler des pans cachés de son passé qui pourraient bien compromettre sa carrière.

Yogashi : C’est le gourou chouchou des stars, le seul à avoir réussi l’exploit d’ouvrir les chakras de Ginger Gwinett ! Le seul aussi à pouvoir communiquer avec Jo Gloria, mais sa connexion wifi avec l’au-delà n’est pas très bonne…

Romain Lignec : Jeune comédien, imbu de lui-même et sans talent. Il était l’amant de Jo. Le rôle étant court, il est recommandé de le confier au comédien qui joue Richard ou Yogashi. La scène avec Romain Lignec est écrite pour permettre ce double rôle.

Décor : 2 possibilités (selon le désir du metteur en scène et/ou ses contraintes scéniques et techniques)

  • Dans la chambre de la star morte : cette option nécessite de « matérialiser » le corps de Jo Gloria dans son lit (par une lumière, le double de la tenue qu’elle porte…). Et alors la comédienne « quitte son lit », quand elle commence à jouer
  • Dans une pièce attenante à la chambre (salon, séjour, antichambre…) : dans cette option, la chambre de Jo Gloria se trouve à côté, et n’est donc pas représentée sur scène. La comédienne arrive des coulisses quand elle commence à jouer

Parti-pris de la pièce (à traduire dans la mise en scène pour que le texte prenne tout son sens « mystico-comique », et tout son sens tout court) :

Jo peut voir, entendre, interagir avec les autres personnages, eux non. Concrètement : cela veut dire que les comédiens ne doivent pas « voir la morte », ne doivent pas regarder la comédienne, ni s’adresser à elle (sauf exceptions mentionnées dans le texte, ou ajoutées par le metteur en scène, une fois que la convention a été clairement établie avec le public).

De fait, les répliques de Jo « s’intercalent » et « s’immiscent », entre celles des autres comédiens, comme des commentaires qu’ils n’entendent pas. Sauf lorsqu’elle communique avec son gourou Yogashi.

Extrait (scène 1)

Georges le majordome en train de maquiller Jo (si décor 1 choisi) / Ou en train de boire (si décor 2 choisi) On sonne

Georges : Bonjour Monsieur

Richard : merci de m’avoir prévenu Georges

Georges : c’est normal Monsieur

Richard : je suis venu aussi vite que j’ai pu, c’est pas la porte à côté. Quelle idée de s’enterrer ici… pardon ! Comment c’est arrivé ?

Georges : j’ai frappé, elle répondait pas. Je suis entré, j’ai essayé de la réveiller. Ils ont rien pu faire. Ca faisait des heures qu’elle était…

Richard : de quoi ?

Georges : d’après eux, une crise cardiaque

Richard : Mais Jo n’était pas cardiaque

Georges : non… ou alors on savait pas

Richard : mais elle était en pleine forme, non ?

Georges : oui… un peu surmenée ces temps-ci. La sortie de son dernier film, votre nouvelle pièce. Elle avait tendance à se détendre avec le whisky

Richard : elle a toujours un peu forcé sur la bouteille

Georges : là, elle forçait un peu trop

Richard : je peux la voir ?

(Georges l’emmène près du corps de Jo)

Richard (choqué par l’apparence de Jo) : c’est quoi cette tenue ??

Georges : C’est ce que j’ai trouvé de plus sobre dans sa garde robe

Richard: C’est vous qui l’avez maquillée aussi ?

Georges : J’ai fait du mieux que j’ai pu.

Richard : C’est pas possible ! Hier soir, elle m’a engueulé au téléphone ! elle voulait me changer la moitié des répliques

Georges : ça l’enchantait pas de jouer une grand-mère

Richard : Pourtant elle aurait été magnifique dans ce rôle ! Je suis là, je sers à rien… si je peux faire quelque chose Georges ?

Georges : Je me suis occupé de tout Monsieur

Richard : Bien

Georges : ils viennent la chercher dans une heure.

Richard : Bien

Georges : Les obsèques se dérouleront après-demain.

Richard : Bien

Georges : Venez, je vais vous débarrasser

Richard : bien, bien, bien…

(ils sortent – Jo se « réveille », quitte son lit)

Jo: J’ai bien dormi ! (s’observe, tenue voyante, colorée, voire extravagante, de « star ») Je me suis couchée habillée ? Je devais être vraiment bourrée… Mais pourquoi j’ai ressorti ce machin ? la dernière fois que je l’ai portée, c’était aux Césars, en plus ils l’avaient filé à Marina Cotillon, pff !… Quelle heure il est ? j’ai rendez vous à 10h, et Georges m’a pas réveillée ! Georges !… Il est lent. Il est vieux. Un peu sourd. Georges ! J’ai une interview avec la critique de Cinérama ! Si je la plante, cette bêcheuse descend mon film !… Georges !

(retour de Georges et Richard)

Jo :Richard ?  

Richard : j’ai besoin d’un verre

Jo: Bonjour Richard !

Georges : tenez, le whisky de Jo !

Jo : servez vous, faites comme chez vous !

Richard : Accompagnez moi Georges. Hum, c’est du bon !… A Jo !

Georges : A Jo !

Jo : A Jo ! A moi !… Mais enfin qu’est ce qui se passe ici ?…Vous me faites une blague, c’est ça ? Bon, on s’est bien amusés, mais maintenant ça suffit.

Richard : et les journalistes ?

Georges : pour l’instant, j’ai réussi à cacher l’info

Jo (elle réalise qu’il y a quelque chose d’anormal) : mais quelle info ?

Richard : Plus pour longtemps à mon avis. On les connaît ces charognards (Jo commence à comprendre : passe une main devant les yeux de Richard, qui ne réagit pas). Les gros titres qu’ils vont faire avec ça… la mort de Jo Gloria !       

Jo : Bon, ça m’amuse plus du tout là !

Richard (réalise): Ouais. Jo est morte

Jo : Richard ?… Richard !!… Merde, je suis morte !