Ma faculté à voir la beauté marche-t-elle encore ? Le test…

Interprétation magique de l’Impromptu n°3 de Schubert, découverte grâce à Solène Vosse : https://solenev63.wordpress.com/

Il me semble que la question n’est pas de savoir si la beauté peut nous sauver. Et d’abord, nous sauver de qui ? De quoi ?

Malmenés, secoués, ballottés depuis maintenant 7 mois entre des informations terrifiantes, et des mesures étatiques incohérentes, infantilisantes et autoritaires – pour ne pas dire dictatoriales – il devient urgent de récupérer notre autonomie de pensées et d’actes. De décider et d’agir par nous-mêmes. Et d’arrêter d’attendre…

… un miracle ou un être providentiel qui va nous guérir, nous absoudre de tout. Et surgir, comme le bon génie sorti de la lampe, pour nous servir sur un plateau doré tout ce que nous espérons de la vie. C’est en moi que ça se joue et que ça se passe. C’est en mes capacités, en mon pouvoir, en ma souveraineté d’être humain originelle et primordiale, beaucoup plus grands et agissants que je ne pense – parce qu’on a voulu, depuis toujours, me persuader du contraire – que je dois croire et m’en remettre. Maintenant.

Nous avons délégué notre gouvernance, notre gestion de la cité, nos modes de pensée, nos compétences, le fruit de notre travail et de nos talents, notre santé… nos vies, à des experts, des spécialistes, des chefs, des autorités extérieures qui, même si elles étaient animées des meilleures intentions du monde – on sent bien tout l’hypothétique, un rien ironique, de ce « même si » 🙂 – ne pourront jamais savoir ni trancher à ma place ce qui est bon et juste pour moi… La pratique d’une telle autonomie devant rester toujours consciente et respectueuse – cela va sans dire, mais disons-le quand même – de ce qui est bon et juste pour l’autre.

Il ne s’agit donc pas de savoir si la beauté me sauvera, mais si je suis capable de la voir et d’en jouir. Si je l’ai jamais été (mais en vérité, nous naissons tous avec cette aptitude), et si je le suis encore. Si cette faculté d’émerveillement spontanée que j’avais enfant, et qui se déclenchait pour un oui pour un rien, pour un brin d’herbe folle ou une bille qui roule, est toujours intacte. Un peu abîmée par les choses moins belles de l’existence que j’ai immanquablement vécues en grandissant, mais encore en état de marche.

Il est important, vital, de tester ma fonction à capter la beauté. Parce que c’est elle qui me relie le plus profondément, m’arrime le plus solidement à la Vie, aux autres. Et à ce quelque chose de plus grand que moi – qu’importe le nom qu’on lui donne, aucun ne peut de toute façon le contenir : Transcendance, Esprit, Energie, Divin, Cosmos… – qui m’insuffle chaque jour, si je sais l’écouter et m’en nourrir, l’envie et la force de continuer à aimer et à rire. Non par envers et contre tout, mais avec tout.

Comment j’ai récupéré mon âme

Intervention à « The Glint Storytellers », en juin dernier à Paris

Jamais l’atteinte d’une condition (le plus possible) autonome, ne m’a paru plus essentielle ni plus urgente.

Autonomie de pensée, autonomie d’action, autonomie de vie.

Heureuse d’avoir déjà enlevé pas mal de chaînes.

Et tranquillement déterminée à ôter celles qui restent.

Me débarrasser de ce qui ne me sert plus.

Surtout, quitter ce qui exige de ma conscience compromis, trahison d’elle-même, et sacrifice de son intégrité.

Ne plus être tenue ni par les punitions, ni par les bons points distribués par le système.

Ne plus signer le pacte avec le diable.

La belle maison, la belle voiture, les belles fringues… payées au prix maximum: celui de notre âme et de notre liberté.

A la place, je choisis la proposition de Philippe Guillemant, physicien de la conscience : « Résilience – Autonomie – Solidarité »

Da Vinci Mode : retrouvons notre autonomie !

A force de saucissonner le savoir en disciplines bien distinctes, chacune du ressort exclusif de son petit aréopage de spécialistes, nous nous sommes dépossédés de notre capacité à appréhender le monde d’un point de vue élargi, ouvert, pluriel.

Nous avons renoncé à la faculté de notre esprit à s’intéresser aussi bien aux lettres qu’à la science, aux arts qu’à la technique.


Il serait bon, dis-je, dans la sage stature de Joconde que m’a prêtée mon ami Jean Lou, de remettre à la mode l’idéal de la Renaissance, symbolisé et incarné par Léonard de Vinci.

Léonard fut peintre, scientifique, ingénieur, anatomiste, inventeur, botaniste, sculpteur, architecte, musicien, poète, philosophe, écrivain…
Il ne s’agit pas de viser le statut de génie universel – qui demeure, convenons-en, exceptionnel chez le commun des mortels – mais de récupérer et revendiquer notre droit à l’intelligence et à la réflexion dans tous les domaines.

Dès lors que je sais lire, écouter, m’informer, aucun savoir n’est exclu du champ de ma compréhension et de mon raisonnement.

Les experts (dont j’ai auparavant vérifié l’indépendance, la compétence, et la bonne foi) m’éclairent, mais ne pensent ni ne décident pour moi.
Si nous continuons à nous en remettre à eux, si nous continuons à leur déléguer – par inconscience, facilité, paresse… – l’organisation de la société, du travail, du système judiciaire, de santé… et de tout ce qui touche à nos vies, eh bien… nous sommes cuits les amis.

Le savoir est une arme, l’instrument de notre autonomie. Qui plus est, en accès libre sur cette extraordinaire banque de données et de partages qu’est Internet, et qui aurait fasciné Léonard, j’en suis sûre… Ne nous en dépouillons pas.

Je reprends le pouvoir !

Après 2 mois passés comme loin de moi, transportée dans un pays cauchemardesque en proie à la psychose collective, ballottée entre les injonctions contradictoires, les décisions incohérentes, et les mensonges en cascade nous éclaboussant les uns après les autres… je reprends le pouvoir ! Sur moi et sur ma vie. Sur mon esprit et sur mon corps. Sur ma capacité de juger, de choisir, de mener mon existence en être autonome, et donc libre.

« Je sauve ma vie je reste maître de moi », est le slogan que je me choisis.

C’est un moi-nous. Un retour à soi qui n’a rien d’un quant à soi. Au contraire : « Le statut-même d’humain implique la fraternité », affirme le philosophe Emmanuel Lévinas. Je ne mets en avant mon humanité que pour mieux accueillir et rejoindre la tienne.

Il y a aussi cette magnifique bénédiction masaï : « L’humanité est une quelles que soient les cultures du monde. Pars en paix, inspire toi de la beauté de ces immensités lointaines que tu visiteras ». Nous sommes nombreux à le sentir et à le savoir, intellectuellement et viscéralement : il est temps de partir vers d’autres façons de penser, de visiter d’autres manières de faire, de nous organiser, de travailler, de nous informer, de nous soigner, de nous déplacer, de nous chauffer, de nous vêtir, de nous nourrir… avec pour critère premier, surpassant tous les autres : vivre dans le respect de tout ce qui vit ici-bas.

Chacun et ensemble, à travers chacun de nos actes, et tous ces actes réunis, individuellement et collectivement, nous voilà engagés sur ces nouvelles « immensités lointaines »… que la joie, « ce carburant nécessaire à la vie, cette énergie primaire que réclame notre être », comme je le dis sur la page d’accueil de ce blog, soit notre GPS.